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L'histoire de la chapelle de Guirsch, située devant l'emplacement probable du deuxième château de Guirsch,
est étroitement liée à celle des châtelains.
Anne de Kempt, veuve de Valérian de Busleiden (voir rubrique
Généalogie), érige cette chapelle en bénéficiat, c'est-à-dire lui
accorde des revenus suffisants pour assurer son autonomie. Un acte du 20 juillet 1518, rédigé en latin par Jean de Ane, Official de
Trèves, règle les droits respectifs de la châtelaine, du curé de Beckerich et du chapelain. La chapelle devient chapelle libre, tout en
restant propriété du château, l'église mère étant Beckerich. Les « manants de Girsch et de Bous » sont autorisés à y assister aux
offices religieux, le chapelain ayant expressément le droit de baptiser. Témoignent de cette époque, les armoiries gravées sur la clé
de voûte du chœur et sur le baptistère, qui sont celles des Busleyden, cela est certain, accolées à celles d'Anne de Kempt, ou, selon
un autre avis, à celles des Vaucleroy, châtelains ultérieurs. A remarquer également la pierre actuellement placée sur le mur extérieur,
côté rue, portant les armoiries des châtelains Jean de Cobreville (+ 1597) et son épouse Marie de Liefvelt ainsi que la devise
Quand Dieu voudra.

Suite à la scission définitive du Luxembourg par le traité de Londres du
19 avril 1839, Guirsch et Heckbous sont attribués à la Belgique et Beckerich au Grand-Duché de Luxembourg. Monseigneur Dehesselle,
Evêque de Namur, fonde la paroisse de Guirsch par décision du 4 février 1841. Cette décision intervient dans le cadre de l'issue favorable
des pourparlers intervenus entre la nouvelle commune de Guirsch et le Baron de Marches en vue de la cession à la commune de l'église
ainsi que du cimetière et de la maison vicariale adjacents en échange de terrains formant l'assiette du chemin allant de Guirsch à Hobscheid.
Ces conventions font

l'objet en bonne forme, reçu par le Notaire Nicolas Rossignon d'Arlon en date du 29 août 1841. Cet acte prévoit que le baron aura à perpétuité deux bancs
d'un acte d'échange dans l'église ainsi que le droit de sépulture dans le chœur de cette église où les membres de sa famille sont enterrés. Trois belles dalles en
schiste scellées dans les murs du chœur font mémoire du décès de deux jeunes barons et d'une très vieille baronne-douairière de Marches,
survenus en 1822, 1829 et 1832. Ces dalles ainsi que les bancs réservés, en tête des deux rangées de bancs, donnent un cachet particulier
à l'ensemble. En outre, les châtelains ont fait ériger, dans le cimetière, une chapelle privée en 1867, et une crypte ultérieurement.
Lors de la cession à la commune, la chapelle ne comporte que le chœur actuel (5 m sur 5 m) avec une fenêtre de style roman à gauche, une fenêtre de style gothique
à droite, et chose remarquable, une théothèque (fenêtre grillagée, abritant une lampe allumée visible de l'extérieur pour indiquer la présence du
Saint-Sacrement) dans le mur du fond. Elle est agrandie en 1858 par la construction d'une nef, et en 1868 par la construction d'une sacristie.
Les fenêtres de la nef sont refaites en 1911-1913 sur base d'un projet déposé par l'architecte Lamy d'Arlon, prenant modèle sur la fenêtre
gothique du chœur.
Saint Willibrord, décédé en 739 et enterré à Echternach, est depuis toujours le saint patron de Guirsch, où il aurait séjourné et baptisé
dans l'eau d'un puits (voir la légende). Une chapelle a été érigée en son honneur en 1887 au point culminant du village, face au splendide panorama de la vallée
de l'Attert. Chaque lundi de Pentecôte, une procession dont la tradition remonte à 1692 y fait escale, le temps de célébrer la messe en plein air
(et, le plus souvent, en plein vent). La chorale, la fanfare et les paroissiens de Beckerich y assistent en bon nombre, ravivant le souvenir
de l'époque où ces deux localités ne formaient qu'une seule paroisse.

J.S. |
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