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l y a cent vingt ans, les Autrichiens prirent leurs quartiers à Hovelange dans la vallée de Schweich, dans une maison qui s'appelle
encore aujourd'hui "A WERWOLFS" ("Au loup-garou"). Un des Autrichiens possédait un livre qu'il feuilletait
souvent, ce qui avait frappé le fils de la maison, un garçon de treize à quatorze ans. A son départ, l'Autrichien oublia son livre dont le
garçon s'empara aussitôt. Le lendemain, l'Autrichien reparut et réclama son bien. Mais personne ne voulut en entendre parler, pas même
le garçon. Le soldat menaça : "Mon livre ne sera pas d'un grand secours à celui qui l'a trouvé. Malheur à lui."
Le garçon lut le livre avec avidité. Il y apprit l'art de se transformer en loup-garou et de retrouver ensuite forme humaine. Pendant quelques
années, il terrorisa la région. Il volait le pain du soir aux cultivateurs dans les champs, pénétrait dans les maisons et y chapardait le jambon
dans la cheminée, car il savait grimper comme un humain. Lorsque les gens allaient au marché d'Arlon, le loup-garou apparaissait et leur
volait le beurre, les oeufs, ...
A la maison, il avait l'habitude de dire à la servante: "Si un loup dans les champs vient vers toi, jette-lui ton tablier et il ne te touchera
pas." Un jour la servante travaillait dans un champ de pommes de terre jouxtant le Kuelebierg quand, tout d'un coup, elle entendit un
bruit dans les buissons. Elle aperçut un grand animal fauve qui se précipita sur elle. "Ca c'est probablement un loup", pensa-t-elle.
Elle arracha son tablier et le jeta vers le loup qui, de rage, lui montra les dents, mordit dans le tablier et prit le large. La servante continua à
travailler jusqu'au grand midi. Au cours du diner, elle remarqua que le fils de la maison tenait son tablier déchiré dans sa bouche. "Je
te rends ton chiffon!", dit-il, et il recracha ce qu'il avait mâché.
Fâchée des manières de son fils, la mère jeta le livre hanté au feu. Depuis ce moment, le fils garda l'aspect d'un loup-garou.
Le baron de Guirsch le vit un jour perché sur un arbre et déchargea son fusil sur lui. Le loup-garou resta indemne! Alors, le baron fit l'acquisition
d'une balle en argent qu'il fit bénir. Il en chargea son fusil et, quand il revit le loup-garou sur un arbre, il tira. C'est un homme qui tomba à
terre ...
Selon d'autres dires, le loup-garou disparut à jamais de la maison paternelle après que la servante eut découvert les restes de son tablier entre
ses dents. Il se sauva dans le bois et ne se montra plus jamais à Hovelange. Il se tenait souvent depuis lors dans les environs du château de
Guirsch. Il vola beaucoup de moutons au baron et lui causa de grands dommages. Même le garde le plus éprouvé ne parvenait pas à l'abattre.
Chaque balle retombait inerte avant qu'elle ne l'atteigne. Lors de ses voyages à Arlon, le baron se voyait souvent harcelé par ce montre enragé
courant à côté de sa voiture. Il se procura donc une balle bénite en argent. Lorsque le loup escorta à nouveau la voiture, le baron saisit son fusil
chargé de la balle d'argent et le visa. Le loup comprit alors qu'il était perdu. Il commença à parler et pria le baron de le laisser mourir en
humain. Le coup partit. Par terre se trouvait non pas un loup mais un homme baignant dans son sang.
Selon d'autres, le baron lui aurait tiré dans l'avant-train. Dès que le sang avait jailli, c'est un homme qui se serait trouvé debout devant lui. Il se
serait jeté à ses pieds et l'aurait supplié de lui laisser la vie. La contrée aurait été libérée, depuis lors du loup redoutable.
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