GUIRSCH
(1)L'orthographe du nom Guirsch varie selon la représentation transcrite de la prononciation et ce, indépendamment des
siècles, jusqu'au XVIè où l'orthographe se stabilise. En autres, selon la langue de rédaction, l'on remarque l'effet de la prononciation guttural
germanique [GI] retranscrite en ancien français par [GUI]. De même, d'ailleurs, avec le guttural germanique [GE] pouvant dans certains cas,
être également assimilé au [GUI] du français.
Citons, rencontrés parmi de vieux textes* : Guersch (1282), Guers (1306), Gïrsch (1373), Girs (1382), Guirsch (1393), Girse (1451),
Girsse (1480), Gyrsch (1490), Girss (1492), Girsch et Gresse (1494), Guirsch (1505) et autre variante Giersch et Ghiersch.
Quant aux étymologues qui se sont penchés sur la question de l'origine de l'appellation :
Pour certains, on y retrouve la racine teutone Gir = vautour. La localité a pu être occupée par des aires d'aigles et de vautours, ce qui serait
très possible puisque le lieu est sis sur un promontoire.
La langue celtique offre un grand nombre de mots analogues tels Giz = demeure, habitation, maison et Gist = terre de potier
Enfin, d'autres y lisent la racine celtique Gis ou Guis = truie et porc qui évoquerait une grande soue à porc dans
une clairière des bois.
A chacun son avis ! Pour notre part, la constance du "gir ou ge" nous ferait pencher pour la première hypothèse
d'autant que les patois régionaux étaient et sont encore toujours d'origine germanique.

HECKBOUS
(2) Heck, ne semble pas prêter à de multiples interprétations.
Heck (germanique) = palissade, haie, broussailles, hallier
Ce préfixe n’est pas fixé dés l’origine. Ainsi, en 1766, nous trouvons Hackbous (Hack = abattre les arbres) et en 1788, Haidbous
(Haid = bruyère, lande).
Bous ou Bus utilisés comme préfixe ou suffixe ou même seul, apparaissent dans bon nombre de localités et de
lieux-dits de l’ancien duché de Luxembourg et même en des endroits plus éloignés.
L’orthographe ancienne se présente souvent sous la forme de Buhs, Buchhes. Trois interprétations sont données par les auteurs pour ce Bous :
- Origine Germanique : Buse – busch = bois
- Origine Germanique : Busen = trou, enfoncement, cavité
- Origine Celtique : bu = vache, laiterie, …
Les formes anciennes du nom de Heckbous sont : Buz et Bouss(1302), Bouys (1310), Buess (1419), Boess (1545). On
constate qu’aucun préfixe n’est accolé anciennement à Bous. Dans un acte de 1268, il appert que bues ou buez signifie bœuf et non vache,
à cette époque. C’est donc à une époque récente, au moment où on a complètement perdu la signification du mot bues qu’il y a eu la possibilité
d’ajouter un préfixe pour distinguer les différents Bous.
Certains de ces Bous sont connus par leurs importants vestiges romains. On pourrait conjecturer que les Bous rappellent, sinon les
exploitations agricoles romaines installées à ces endroits, du moins une bouverie isolée, à une époque ultérieure, à moins que les
anciens n’assimilent parfois les ruines romaines à des vestiges d’anciens élevages de bœufs. L’idée de bouverie revient fréquemment
dans nombre de lieux-dits belges, tout comme « chèvrerie » ou « bergerie ».
LA GAICHEL
(3) C'est un nom qui paraît receler une racine germanique Ga-Eichon issu d'un adjectif vieux tuistique ayant dans une langue
plus moderne, le sens de "zugeeignet" = terra addicta (terre ajoutée). Ce territoire pourrait, à la suite d'un démembrement de la
Seigneurie de Guirsch, avoir reçu une attribution spéciale dont la trace est perdue. Si tel est le cas, le nom est mérité car ce territoire a été partagé
entre la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg, en 1839.
P.D.B
* Les principales explications sont tirées de :
(1) E. Tandel, Les communes luxembourgeoises, p. 234, Publications
de l'Institut Archéologique du Luxembourg 1889 Tome XXII des annales. Réédition
Editions Culture et Civilisation 1979
(2) GRASB, Extrait des cahiers du GRASB, Musée d’Autelbas (a.s.b.l.) n°1989-1
(3) E. Tandel, Ibid
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