Arlon dans l'antiquité
Pour rappel, Orolaunum (devenu Arlon) était
un important centre commercial romain car, au croisement des
voies de communications entre les villes stratégiques pour
l'empire romain qu'étaient Reims, Trèves, Cologne et Tongres.
Sous la rubrique "
Infos - Liens",
nous vous orienterons vers les sites spécialisés d'Arlon.
La question que pourrait se poser un touriste averti de la ville
d'Arlon et de ses alentours est : pourquoi ne trouve-t-on pas
plus de vestiges de cette période ? Les vestiges romains,
pourtant ne manquaient pas. Les preuves les plus évidentes sont
les vestiges des fortifications de la ville, encore visitables
aujourd'hui et le musée gallo-romain d'Arlon. Dans le bas de
Guirsch, par exemple, derrière la maisonnette qui servit
longtemps de poste frontière avec le Luxembourg, aurait existé
un temple dédié au Dieu ?... Bacchus ? Peut-être, car cela
expliquerait les faveurs que l'on obtient encore de nos jours
sur les accises, de ce côté-là de la frontière.
Toutefois et malheureusement, on ne retrouve plus guère de
vestiges que dans le Musée romain déjà cité et dans quelques
autres lieux préservés. Les raisons en sont sans doute multiples
mais la plus importante est la suivante:
Au début du premier millénaire, la population avait été décimée
par des pillages, des famines et des épidémies. De nombreux
monuments funéraires avaient été laissés à l'abandon et, depuis
que le christianisme était devenu religion d'Etat, les temples
païens avaient été désaffectés(1).
De plus, lorsque l'empereur demanda aux municipes (villes se
gouvernant elles-mêmes – Arlon reçut ce titre en l'an 256) de
construire des fortifications pour se protéger des barbares, les
matériaux furent aisément trouvés à la périphérie d'Orolaunum.
Ainsi un édit de Valentinien, à la fin du IVe siècle autorisait
les cités à utiliser des matériaux provenant des anciens temples
païens pour réparer les murailles des villes. Plus tard, au
début du Ve siècle, Honorius ordonna de raser tous les édifices
qui, en raison de leur proximité des murailles pouvaient nuire à
la défense et comme les amphithéâtres, les cirques, les thermes,
les temples, les cimetières étaient de nature à fournir à
l'ennemi des points d'appui, ces édifices furent sacrifiés aux
nécessités de la défense.
P.D.B
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Guirsch et Heckbous avant le Moyen-Âge
Il parait évident maintenant que la région a
été occupée dés le début de notre ère, voire précédemment.
Aucune trace n’a été actuellement trouvée concernant la période
antérieure à l’occupation romaine de nos contrées, mais cette
même occupation a laissé des traces indélébiles dans nos
paysages. Le site de Guirsch, surplombant – et contrôlant - la
vallée de l’Attert, était tout prédisposé à une occupation très
ancienne, cependant, aucune trace de cette occupation probable
n’a été décelée autour du village de Guirsch, si ce n’est par
G.-F. Prat qui écrivait au début du siècle passé dans l’ouvrage
Histoire d’Arlon(2) : «(…) Dans le même
temps, dans la propriété de M. Witry, dans la partie supérieure
de la déclivité regardant le Grand-Duché, également dans un
défrichement de bois, j’ai visité les restes d’une habitation
romaine assez vaste ; j’ai pu suivre toutes les traces des
murailles composant les diverses salles. Les débris étaient peu
nombreux et avaient été emportés. » Cette description est très
succincte et ne permet pas une localisation précise, nous
n'avons pu retrouvé trace de ce bâtiment ancien.
Dans le même ouvrage, p. 160, l’auteur explicite, : « Il y
a six ans environ, M. Lefèvre-Brucher de Guirsch faisait déroder
un bois qui lui appartenait au sud-est du village de Heckbous
(…), on a découvert une cave assez vaste et profonde,
appartenant à une habitation, en avant de laquelle on remarquait
des restes d’une muraille circulaire désignant une tour. Dans
ces ruines, on a ramassé des débris de tuiles et de vases
divers, des objets en bronze et une monnaie en argent de Septime
Sévère. Ces substructions étaient romaines ; il y avait
peut-être là aussi un observatoire. »
Lors de l’année 1986, l’équipe du groupe de recherches
archéologiques du Sud Belge (GRASB) observe par photographie
aérienne
des traces dans un champ situé au S-E d’Heckbous. Le site
est en conséquence fouillé et est reconnu comme étant celui
décrit par Prat et par l’abbé Loes. Ce bâtiment était
probablement un atelier. Le compte rendu des fouilles, détaillé
et complet est reproduit à la rubrique "Patrimoine
- Vestiges Villa romaine" et est très intéressant, pour les
passionnés d'archéologie.
Loes quant à lui indique également des autres ruines situées au
Sud de Heckbous sur sa carte synthétique(3).
Ces ruines ont elles aussi été retrouvées, mais de façon
indirecte : Ce champ étant retourné un minimum de deux fois par
an depuis des lustres, quelques débris émergent parfois. Au
contraire de la « première » villa romaine de Heckbous datée du
début de la seconde moitié du premier siècle, cette
construction, bien que d’époque romaine, n’a pu été datée de
façon précise. Toute trace de substruction sur ce site semble
avoir été emporté par le temps et le travail agricole, et les
seuls vestiges sont donc quelques fragments de tuiles et de
poteries.
La théorie selon laquelle à Heckbous devait se trouvé un
ensemble d’habitats d’époque romaine semble donc se confirmer.
D’autres endroit lié à l’époque romaine sont vaguement situé
dans un article de Loess(4), notamment
près de la ferme Goelff, et au sud de l’ensemble décrit
ci-dessus. D’autres endroits sont cités, mais sans localisation
précise(5). Il est à noté que le moulin
Wildschutz, situé dans la vallée des trois moulins, est
certainement situé sur un ancien site romain fortifié comme le
suggèrent certains auteurs.
Ce même Loes décrit(6) la localisation
des mardelles(7) près de Heckbous,
Guirsch étant dépourvu de ces dépressions topographiques. Il en
localise autour de Heckbous et près de Leitrange (G-D-L). Ces
dépressions ne peuvent être expliquées par une cause naturelle
(Doline) vu la nature des sols ; elles doivent donc être liées à
une activité anthropique certaine, très probablement antérieure
à l’époque gallo-romaine.
D’autres substructions subsistent dans les bois de Guirsch et de
Heckbous, certainement très anciennes mais non datées. Elles ne
peuvent donc pas rentrer en compte, ni pour l’époque romaine, ni
pour la celte …
L’Histoire continue son chemin, et sous la pression des
invasions barbares, les villas romaines sont abandonnées et
détruites, servant pour la plupart de carrières de pierre. Le
Temps passe donc, mais les traces des civilisations postérieures
restent plus discrètes :
Selon M. J.-B. Sibenaler(8), il
existerait des substructions franques à Guirsch, mais c’est là,
la seule fois que nous lisons cela. Cette information est donc à
prendre avec intelligence, en ne la validant que si des fouilles
–récentes- permettent de le faire.
Selon une tradition bien ancrée, fondée ou non, il y a avait des
monuments funéraires celtes appelés tumulus près de Guirsch.
Malheureusement, nous n'avons pu, malgré nos recherches,
infirmer ou affirmer ces « dires ». Monsieur Dehotte, cite dans
« le périodique amical pour Guirsch et sa Province » ceci : « Le
Premier (château), forteresse moyenâgeuse née, sans doute, d’un
de ces retranchements élevés par nos ancêtres celtes, (…). »
Cette proposition est certes osée, mais non dénuée de
fondements, puisque, pour rappel, le site se trouve à un endroit
stratégique.
De façon synthétique, on peut dire que les traces d’habitats
anté-romaines et romaines sont plus nombreuses sur le plateau de
Heckbous, desservi par
deux voies romaines passant à proximité, que sur le site de
Guirsch, malgré son implantation stratégique. Dans un même
temps, on peut affirmer que tous les éléments anciens n’ont pas
été détectés, ni datés avec précision, cela laisse donc une part
de mystère sur le passé lointain de notre « contrée » qui a tant
évolué au cours des siècles et des millénaires…
C.B.
(1) R. Paring,
Cahiers Arlonais - Chronique arlonaise: 1 - La cité forteresse,
Edition du Cercle des Collectionneurs Ardenne et Gaume n°9
(2) G.F. PRAT, Histoire d’Arlon,
volume 1 Culture et Civilisation, 1973, Histoire Archéologique,
p.160.
(3) Abbé LOES, Archives de
l’Institut Archéologique d’Arlon, tome 36, 1901.
(4) LOES, Ibid, pp. 98-99
(5) « Si maintenant nous reprenons la
route de Mersch, si nous la suivons jusqu’à la frontière, puis
la quittant, si nous gravissons jusqu’au plateau, nous
trouverons, à 600 mètres à l’ouest de Heckbous, près d’un vieux
chemin qui vient de Guirsch, dans un bois défriché appartenant à
la famille Lefèvre, d’assez importantes ruines d’une villa
romaine. A l’ouest du chemin se trouve une place circulaire,
recouverte de débris, et quelques pas plus loin commencent les
ruines d’un bâtiment allongé et de bains. (…) Plus loin, dans la
même direction, le sol est de même couvert de restes de l’époque
romaine. Cette villa était couverte d'ardoise, ce qui est rare.
»
(6) LOES, Ibid, pp. 24-25
(7) Mardelles : Zones plus ou moins
circulaires de terrain en dépression. Ces dépressions sont soit
des phénomènes naturels appelés dolines, soit des excavations
dues à une activité humaine (anthropique) telles que décrites
dans le mythe des fonds de cabanes néolithiques. Cependant, tant
qu’une fouille archéologique exhaustive n’a été effectuée,
aucune conclusion sure à cent pour cent ne peut être donnée.
(8) J.B. SIBENALER, Carte
Archéologique de la Province de Luxembourg, 1889,
(Conservateur du musée archéologique d’Arlon)
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